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A l’origine du coaching existe une demande de la part d’une
entreprise ou d’un particulier. Quel que soit l’objet
de cette demande – prise de nouvelles fonctions, crise à
résoudre ou changement de direction – il peut se résumer
au désir de changer.
Or le changement est encore aujourd’hui un phénomène
complexe que les modélisations les plus fines ont encore
du mal à appréhender. Les raisons de cette difficulté
sont dues entre autre au fait que le raisonnement, la modélisation,
sont le fruit de notre cerveau gauche – la notion des deux
cerveaux étant elle-même une modélisation.
Et si ce dernier est brillant pour la dialectique, il n’en
demeure pas moins limité dans sa façon même
de traiter l’information. En effet, pour utiliser une métaphore
informatique, le cerveau gauche raisonne à partir d’opérations
booléennes, en suivant une démarche séquentielle.
Il en résulte les erreurs que tous les chercheurs connaissent,
quant aux approximations qu’implique la non prise en compte
de certains éléments du contexte, car considérés
de moindre influence sur l’expérience en cours.
De plus, ces opérations booléennes effectuées
par le cerveau « conscient », le sont de façon
séquentielle, la conduite de deux opérations même
simple en parallèle étant consciemment presque impossible.
Pour vous en rendre compte, vous pouvez essayer de calculer simultanément
la table de multiplication par 2,5 tout en décomptant de
1002 jusqu’à zéro de trois en trois.
Vous réaliserez rapidement qu’il est impossible de
réaliser ces deux opérations en même temps car,
même en étant doué en calcul mental, il apparaît
que dans ces conditions chaque opération est traitée
l’une après l’autre par le cerveau.
Les choses commencent à changer si vous tentez la même
expérience en utilisant cette fois ci la table de deux et
un comptage classique depuis 1 jusqu’à 100. Car dans
ce cas là les zones que votre cerveau utilise ne sont plus
les mêmes, et il abandonne les fonctions de calcul –
de raisonnement – au profit des capacités de mémorisation.
Et c’est en entrant dans le domaine de la mémoire que
le cerveau droit commence à poindre le bout de son nez –
le lecteur appréciera par lui-même la puissance délirante
de certaines métaphores.
En effet, le siège de la mémoire à long terme
est situé dans l’hippocampe, et par conséquent
échappe complètement au contrôle conscient –
donc du cerveau gauche. Mais le plus admirable dans cette histoire,
c’est que le système dans lequel s’inscrit hippocampe
est un système autonome : par conséquent, à
moins que certaines conditions soient remplies, la mémoire
à long terme échappe également au contrôle
du cerveau droit – siège de l’inconscient.
Si à ce moment là le lecteur éprouve quelque
difficulté à suivre le cours de cet article, il peut
décider de laisser aller sa pensée au gré de
ses envies, et apprécier tranquillement le doux repos que
peut prendre sa conscience pendant qu’une autre partie de
lui-même, plus intuitive, plus illogique, prend encore et
encore et encore davantage de place …
En effet, la mémoire échappe au conscient, car celui
ci est bien trop limité pour appréhender la complexe
réalité qui nous entoure. Pourtant, une autre partie
de nous même – le cerveau droit, siège de l’inconscient
- emmagasine toutes les informations possibles, et travaille jour
et nuit, avec sa logique à lui, s’apparentant davantage
à la logique floue connue de certains chercheurs.
Et il emmagasine, trie et ordonne les informations qui lui paraissent
importantes, et construit entre autres choses la mémoire
à long terme. Les gestes les plus fréquemment réalisés,
comme ceux que vous faites lorsque vous conduisez votre véhicule,
quittent un jour les zones conscientes du cerveau, pour se retrouver
ailleurs, dans un ailleurs siège de l’inconscient et
des ressources gigantesques dont vous disposez.
C’est à partir de cette douce alchimie que le héros
de la recherche du temps perdu retrouve, avant même que sa
conscience n’intervienne « Un plaisir délicieux
[…], isolé, sans la notion de cause ».
C’est encore grâce aux prouesses de l’inconscient
qu’aujourd’hui encore, un être humain est capable
de battre au jeu d’échecs des machines réalisant
plusieurs millions d’opérations en une seule seconde.
En effet, même – et surtout – au jeu d’échec,
l’intuition, c’est-à-dire l’utilisation
des capacités de l’inconscient, est primordiale. Car
le cerveau conscient est bien incapable de pousser assez loin le
calcul des variantes pour rivaliser avec une machine aussi froide
et systématique qu’un ordinateur.
En revanche, l’utilisation de la mémoire à long
terme – les milliers de parties jouées par un grand
maître – ainsi que des capacités créatives
du cerveau droit, permettent à un Kasparov, un Kramnick ou
un Anand de rivaliser avec des machines qui, d’un point de
vue rationnel, les dépassent.
Car si le conscient est limité dans ses capacités
de création même, se heurtant sans cesse à ses
propres limites, il en est bien autrement de l’inconscient,
capable de rêver et de créer lui-même sa propre
réalité …
Voilà pourquoi l’utilisation de l’hypnose dans
le cadre du coaching permet d’apporter au coaché d’autres
points de vue, qui n’en demeurent pas moins ses points de
vue à lui. Simplement, l’entraînement régulier
à l’hypnose permet d’accueillir différemment
les fruits que l’inconscient, travailleur et joueur, apporte
sur un plateau.
L’alliance entre conscient et inconscient, la recherche de
nouvelles voies, plus fluides et plus adaptées, leur mise
en place dans la réalité, sans forcément y
penser plus que ça, voilà finalement les étapes
d’un changement réussi.
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